Jeûne du 17 Tamouz: amour et justice, les piliers de Jérusalem [2]

L’amour et l’empathie à l’égard de l’autre, au-delà du strict rite cultuel, doivent vaincre et dépasser la haine:

«לֹא תִשְׂנָא אֶת אָחִיךָ בִּלְבָבֶךָ» (ויקרא י”ט, י”ז)

«Ne hais point ton frère en ton cœur» (Lev. 19, 17)

Le terme «haine» שְֹנְאָה  (SiN‘aH) est très proche du substantif שׁוֹנֶה (ShoNeH) signifiant «différent». La peur du visage inconnu, le rejet de l’étranger au mode de vie différent et le refus de la pensée d’autrui peuvent  engendrer un mouvement de xénophobie et de racisme que nous devons réprouvez avec force et détermination. Le défi de l’Humanité est de considérer la diversité et la différence culturelle et spirituelle de notre semblable non seulement comme un enrichissement mais aussi comme une opportunité de briser les préjugés et d’atteindre a l’unité (A’hdout אַחְדוּת) du genre humain. Cette unité (A’hdout אַחְדוּת) ne doit en aucune manière être confondue avec la notion d’uniformisation (A’hidout (A’hdout אַחִידוּת), comme l’enseigne l’histoire de la Tour de Babel. Des nations antiques comme l’Egypte, Babylone, la Grèce et Rome s’effondrent en raison du refus de l’autre.

 

Le retour – Réparation de la justice et de l’amour fraternel

Aujourd’hui, Jérusalem, tel le phœnix ressuscitant de ses cendres, regagne sa parure de jeunesse:

«הִתְנַעֲרִי מֵעָפָר קוּמִי שְּׁבִי  יְרוּשָׁלִָם התפתחו (הִתְפַּתְּחִי) מוֹסְרֵי צַוָּארֵךְ שְׁבִיָּה בַּת-צִיּוֹן»

«Secoue ta poussière, lève-toi et reprends ta place, Jérusalem! Débarrasse ton cou des liens qui l’enserrent, ô captive, fille de Sion! » (Isaïe 52, 2)

Les fils d’Israël, enfants de Jérusalem, regagnent la terre ancestrale promise aux Patriarches d’Israël. Ce processus de reconstruction après le retour des exilés est aujourd’hui le point de départ, la pierre d’angle de l’établissement d’une société fraternelle, basée sur la justice et l’amour, l’entraide entre frères, fils d’un même père (Gen. 42, 13) et l’instauration d’un système de justice équitable prônant l’égalité devant le droit et la liberté d’expression pour tous.

L’instauration d’un système de justice équitable prônant l’égalité devant le droit et la liberté d’expression pour tous doit être au centre de la réalisation d’un monde meilleur.

«יִקָּרֵא לָךְ עִיר הַצֶּדֶק קִרְיָה נֶאֱמָנָה ;צִיּוֹן  בְּמִשְׁפָּט תִּפָּדֶה  וְשָׁבֶיהָ בִּצְדָקָה» (ישעיהו א’, כ”ו-כ”ז).

«On t’appellera ville de Justice, cité fidèle. Sion sera sauvée par la justice, et ceux qui y retournent par l’équité [sociale]» (Isaïe 1, 26-27)

Les deux principes מִשְׁפָּט  («Justice») et צְדָקָה («droit») fondements caractérisant la capitale Jérusalem selon le prophète Isaïe, sont ceux-là mêmes qui légitiment la mission divine confiée initialement au Patriarche Abraham:

«כִּי יְדַעְתִּיו לְמַעַן אֲשֶׁר יְצַוֶּה אֶת-בָּנָיו וְאֶת בֵּיתוֹ אַחֲרָיו וְשָׁמְרוּ דֶּרֶךְ יְהוָה לַעֲשׂוֹת צְדָקָה וּמִשְׁפָּט» (בראשית י”ח, י”ט).

«Si Je [Dieu] l’ai distingué [Abraham], c’est pour qu’il ordonne à ses fils et à sa maison après lui d’observer la voie de l’Éternel, en pratiquant le droit et la justice» (Gen. 18, 19).

Dieu attend de l’homme d’instaurer un régime de droit et de justice. Abraham, conscient de la haute exigence sociale qu’il lui incombe de transmettre à ses descendants et, par ailleurs, profondément désireux d’épargner son prochain, n’hésite point – nous dirions a l’audace- de renvoyer Dieu à lui-même:

 «חָלִלָה לְּךָ מֵעֲשֹׂת כַּדָּבָר הַזֶּה  לְהָמִית צַדִּיק עִם-רָשָׁע וְהָיָה כַצַּדִּיק כָּרָשָׁע; חָלִלָה לָּךְ הֲשֹׁפֵט כָּל הָאָרֶץ, לֹא יַעֲשֶׂה מִשְׁפָּט»(בראשית י”ח, כ”ה).

«Loin de toi d’agir ainsi, de mettre à mort le juste avec le méchant, traitant l’un et l’autre de la même façon! Loin de toi! Celui qui juge toute la terre ne rendra-il point la justice?» (Gen. 18, 25)

Tous les prophètes d’Israël, sur l’exemple du Patriarche Abraham, s’insurgent contre le déni de justice, vont agir en faveur des droits de l’homme et crier contre l’indifférence à l’égard du pauvre, de la veuve et de l’orphelin.

La Cour Suprême d’Israël: visite guidée par David Moatti

Lumière, transparence, blancheur, espace et sobriété caractérisent l’architecture de la Cour Suprême d’Israël.

 

Haïm Ouizemann

Haimo@eteachergroup.com

4 Responses to Jeûne du 17 Tamouz: amour et justice, les piliers de Jérusalem [2]

  1. cathou says:

    Ouiiii. En pratique l’Avenir dira si Israël se construit de manière si “idyllique”.
    Non parce que c’est Israël, non parce que c’est un peuple de “juifs”… Ou je ne sais quelle autre fantaisie de ce genre.
    Mais parce que l’humanité dans son ensemble, est elle prête à pratiquer une réelle justice, un amour réel de son frère étranger????
    Bah ce jour arrivera, peut être. Il est indispensable d’y croire pour avancer.

    Le monde, aujourd’hui, a peur, peur de tellement de choses: manque de travail, trop de travail; manque d’argent, trop d’argent;
    trop de moyens de communications, manque de communications; trop d’avions, trop d’exilés, trop de touriste, trop de confort, trop de sans-abris…

    Nous vivons dans un temps d’excès,inimaginables!! qui nous fait oublier notre histoire, nos racines, notre identité.

    La peur de la perte identitaire est quelque chose d’important, car elle nous enferme sur nous, rejetant tout ce qui est étranger, tout ce que nous ne comprenons pas, alors qu’internet devrait au contraire, permettre d’abolir les distances.

    Raffermissons notre foi, apprenons à connaitre Dieu, osons nous poser les bonnes questions sans tabous, Ne craignons pas de paraître ridicule quand nous allons à l’encontre des faits établis…

    Chrétiens, ne laissons pas refaire ce qui s’est fait au cours des siècles passés (juifs, gitans, indiens, hindoux.. ce n’est pas très beau au final).
    Au contraire soyons fiers de nos réelles qualités, et pour citer soeur Emmanuelle:”En Avant!!”

  2. cathou says:

    La Haine. Dès les 1ères lignes de la Bible, ce sentiment apparaît. L’humain est porteur d’Amour et de Haine dès sa création, avec toute la panoplie des sentiments intermédiaires.

    Je pense qu’il est très important de ne pas ignorer, de ne pas mépriser ce sentiment, qui peut être aussi puissant que l’Amour.
    Tout d’abord parce que nous portons tous en nous des parcelles plus ou moins importantes de Haine. C’est normal, il ne faut pas en avoir honte. Ce sentiment peut même être justifier dans certaines circonstances.

    Ce que nous apprend la Bible, comme tous les récits fondateurs, est que nous devons apprendre à reconnaître ce sentiment quand il se manifeste, et quelques soient les raisons qui justifient la manifestation de cette haine, nous devons apprendre à la maîtriser;
    Cain nous apprend qu’en ne voulant pas reconnaître cette jalousie vis à vis de son frère, cette jalousie se transforme en haine très puissante qui l’amène à détruire son frère, mais aussi à se détruire lui. Se sent il mieux après??? Non! La haine n’est pas libératrice, elle est destructrice. Elle fait partie de cette face obscure que nous portons tous, et qui nous rattache à la terre, aux biens matériels.
    Un humain ne peut pas se construire sur un tel sentiment, il ne peut donc pas construire une unité nationale, voir internationale.

    Par contre, si nous acceptons, très sereinement que nous portons ce sentiment en nous, que nous apprenons à en reconnaître les 1eres manifestations, si au lieu de laisser se développer cette haine, voir même de la nourrir, Stop!!! nous décidons d’y faire face, et de surmonter ce sentiment, même s’il nous semble tout à fait légitime (et il y a beaucoup de raisons pour lesquelles ce sentiment est légitime)
    Nous pouvons arriver à faire de cette force destructrice , une force constructrice, d’autant plus forte que la haine était forte.
    Ce n’est pas un travail sur soi facile, mais il est indispensable.

    Non seulement nous devons admettre notre propre haine qui est en nous pour mieux la surmonter et nous libérer, Nous devons aussi admettre que tous les humains portent ce sentiment, peuvent le développer de manière plus ou moins forte, mais que si nous pouvons, nous, individuellement, nous libérer, nous n’avons pas le pouvoir de libérer les autres de ce sentiment.
    Nous devons donc admettre et accepter que notre main tendue, libre et pleine d’Amour soit rejetée violemment::

  3. Maritie says:

    Je pense que si tous ces sentiments de justice, de paix, de bonheur simple habitent nos coeurs, c’est parce que Dieu les y a mis.
    S’il les y a mis, c’est pour que nous les développions. . . pas tout seuls mais avec son aide.Plus encore : Il nous attend!
    Cette terre où doit régner la justice et la paix, je crois fermement qu’elle existe, qu’avec le désir et la bonne volonté de tous, l’ouverture de nos coeurs à Ses volontés, les prophéties mentionnées s’accompliront un jour.
    On en voit les prémices! Ne perdons pas courage, ne nous attristons pas au bord de la route à focaliser sur ce qui est négatif et mortifère, allons de l’avant comme Il nous le demande.
    Commençons à chercher à mettre la paix, la justice dans notre environnement proche!Faisons humblement dans nos vies tout ce que nous demande le Seigneur à travers les prophètes et restons à l’écoute. “Le phoenix renaît de ses cendres”, Jérusalem va bientôt “revêtir sa parure de jeunesse”!
    Bien sûr, le travail sur soi n’est pas facile
    il est douloureux et pénible, on ne nous a jamais parlé de facilité.

    Bien sûr, la semaine dernière on a accepté ma main tendue (le dernier bus était passé et cette jeune maman avec son enfant dans les bras m’a interpellée et je l’ai raccompagné dans son camping de vacances à trois kms de là) et puis j’ai été rejetée quand 2 jours plus tard elle est venue me demander de l’argent pour terminer ses vacances, arguant que j’étais “vieille” donc sans trop de besoins(?) et que j’habitais dans une station touristique toute l’année (
    donc peut-être au paradis ?). Devant mon refus, elle m’a traîtée de “méchante”. Bon,je ne me suis pas vexée, j’ai fait ce que mon coeur me disait, le premier jour et j’ai plaisanté le second jour! ! !Mon irritation a été grande mais j’ai réussi à la surmonter en plaisantant malgré les mots durs. Je pense avoir fait un PETIT pas vers la paix. Ce n’est pas grand chose, mais c’était à ma portée et je l’ai accepté.C’est ainsi que je vois notre mission (toute humble pour moi)Ne pas se décourager.

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