La Création, entre dualisme et unité

 

« בְּרֵאשִׁית,  בָּרָא אֱלֹהִים, אֵת הַשָּׁמַיִם, וְאֵת הָאָרֶץ»

(Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre» (Gen. 1, 1»

 Nombreux sont les exégètes à s’être interrogés sur la deuxième consonne de l’alphabet hébraïque, la lettre Beit (בָּ) et sa surprenante position au tout début de la Genèse, le premier livre de la Torah. Pourquoi celle-ci détient-elle le privilège de débuter la Genèse?

Pourquoi la lettre Alef, (א), première de l’alphabet et débutant le nom divin Elohim  (אֱ-לֹהִים), celle du Créateur-Un, se trouve-t-elle malgré tout en retrait?

 

Les Sages Israël s’efforcent d’apporter une réponse à cette interrogation:

* בַּיִת (Bayit, Maison)

La consonne Beit, qui signifie «maison», comporte une notion d’intériorité et d’amour: «[Avant que je t'eusse formé] dans le sein (de ta mère) ((בַבֶּטֶן יְדַעְתִּיךָ, je te connaissais; [avant que tu fusses sorti de ses entrailles, je t'avais consacré]» (Jérémie 1, 5).

* בְּרָכָה (Béra’haBénédiction):

La consonne בּ  («maison») évoquant la chaleur du foyer, l’amour qui s’y développe et l’abondance, indique une notion de Béra’ha (בְּרָכָה), de bénédiction. La Création, (בְּרִיאָה Briah) se caractérise par une incommensurable diversité, expression de la bonté infinie de Dieu. L’expansion cosmique consécutive à cette Création constitue le dévoilement (ex-nihilo) de l’intention primordiale divine visant à prodiguer gracieusement le bien à toutes les créatures. Cette merveilleuse richesse, fruit de la division au sein de la nature, est soumise au principe de déterminisme nécessaire au développement (Beniah-בְּנִיָּה) de la matière (ex: division cellulaire). Nulle créature, y compris l’homme, ne peut échapper à ce principe inhérent à la Création. Ce principe dialectique de construction par division- la valeur numérique du Beit équivaut au chiffre 2- introduit l’idée de dualisme non seulement dans le monde de la nature mais aussi dans le monde de l’histoire humaine. La mission de l’Homme consiste à œuvrer inlassablement à l’unification des contraires afin de parfaire un monde marqué par la division, la haine et la violence -אֲלִימוּת): Alimout). La quasi-totalité du livre de la Genèse, consacré à l’unification des contraires, renvoie l’homme à sa propre image, celle de son alter-ego: Adam et Eve, Caïn et Abel, les trois couples patriarcaux, Isaac et Ismaël, Israël et Esaü et la rencontre historique et émouvante des fils de Jacob avec leur frère Joseph s’achevant par la réconciliation. Il appartient donc à l’humanité de relever le défi de s’ouvrir à l’autre – comme l’indique la morphologie de la lettre ב (ouverture vers l’avant) – pour que le dialogue devienne une réalité. L’homme sera-t-il capable d’être à la hauteur de sa responsabilité? La Bible décrivant la grandeur et la faiblesse de l’homme vise à enseigner la voie de l’éthique et l’amour du prochain.

* Bina (בִּינָה)- Le discernement:

L’homme créé à l’image de Dieu est appelé par sa seule force de contemplation à déceler non seulement l’empreinte du divin- le Principe d’unité- à travers la dimension matérielle de la nature (Téva-טֶבַע) mais à surmonter le désordre et la mort (le principe d’entropie) inhérent au cycle (טַבַעַת(Tabaat)= roue, anneau) déterministe de cette même nature. Le développement  du pouvoir de distinction entre le bien du mal  est apte à dévoiler et à rétablir l’unité brisée (le mal se  transforme en bien). Chacune de nos pensées, paroles et actions ont pour vocation d’unir les contraires au-delà de la brisure initiale introduite au cœur du monde.

*Bé’hirah (בְּחִירָה) -La liberté:

L’Eternel a insufflé au cœur de sa Création la force de liberté, le principe de libre-arbitre. Si le Nom de Dieu, en effet, n’apparaît qu’après Sa propre création  (Thèse kabbalistique du «retrait divin»- צִמְצוּם Tsimtsoum), c’est pour permettre l’émergence d’un «espace-temps» nécessaire à la naissance de la Création et de l’homme, entité autonome.  Le dualisme constitue l’expression de l’Unité cachée de Dieu.

Toutes ces interprétations sont liées par un dénominateur commun: l’homme est en son essence un être éthique. Celui-ci, par l’adoption du retrait intérieur, la retenue, la modération intérieure et son libre-arbitre détient, à l’instar de Dieu, le merveilleux pouvoir de création et de תִּקּוּן Tikkoun (Réparation).

Cordial shalom d’Israël,

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Haïm Ouizemann

Haimo@eteachergroup.com

19 Responses to La Création, entre dualisme et unité

  1. Laurent says:

    Pourquoi béréchit bara helohim et non pas baréchit bara helohim ; est ce un commencement parmi d’

  2. Laurent says:

    ou est ce LE commencement ?

    LE commencement pour le monde des hommes, le monde angélique lui étant antérieur.

    Pourquoi traduire “Au commencement” ? Ne perd t’on pas du sens à traduire ainsi ? Traduire “A un commencement” permettrait au lecteur de se poser tout de suite la question “du” ou bien “des commencements”

    • Haïm says:

      Laurent shalom,
      Vous avez tout a fait raison de souligner la difficulte de traduir “Bereshit” par “Au Commencement”. L’hebreu est riche sur le plan semantique et permet plusieurs traductions possibles. Le grand penseur Andre Chouraqui traduit Bereshit par “En tete”. Je vous propose egalement de mediter a partir du commentaire de Rashi, le commentateur du Moyen-Age sur ce premier terme de la Bible. Passionnant…
      Etes vous etudiant d’hebreu biblique?
      Merci a vous,
      Haim O.

      • Laurent says:

        Shalom,

        Cela fait trente ans que j’étudie seul passant d’une traduction à l’autre d’une version de la bible à l’autre du Houmach Rachi au talmud de Steinsaltz, du coran aux évangiles, de Daniel à l’apocalypse .

        Pour la Genèse c’est Abravanel et son commentaire du récit de la création que j’ai étudié ligne par ligne.

        J’ai essayé d’apprendre l’hébreu biblique par moi même mais les livres en français disponibles sont assez réduits.

        • Haïm says:

          Laurent shalom,
          Merci a vous pour l’interet que vous portez a notre site d’hebreu biblique. Je comprends tout a fait votre besoin d’etudier les commentaires de plusieurs commentateurs dont ceux d’Abrabanel. Cependant, il me semble necessaire avant tout de revenir a la source biblique dans son original en s’efforcant de comprendre le texte par le texte sans avoir a recourir, dans un premier temps, aux commentaires bibliques. Le texte dans litteralite est riche de sens multiples.
          Je vous invite a vous inscrire a notre prochain seminaire d’hebreu biblique gratuit.
          Ce soir, le seminaire portait sur le prophete Jonas et la construction d’un monde de misericorde.
          Au plaisir de vous retrouver.
          Amities
          Haim O.

          • cathou says:

            Haïm je suis toute à fait d’accord avec toi.
            Les commentaires sont intéressants, mais c’est la lecture et relecture mot à mot, un mot après un autre, dans l’ordre où il est écrit qui aide à comprendre.

            Evidemment connaître l’hébreu biblique permet sans aucun doute possible d’approfondir plus le texte, mais pour celui ou celle qui, comme moi a fort peu de disposition pour apprendre une autre langue, le français a un vocabulaire suffisamment riche pour arriver à en comprendre une partie. Il faut vraiment lire chaque mot et parfois chercher la définition de ce mot dans un bon dico, parce qu’il y a beaucoup de mot dont on croit connaître le sens, et soit le sens de ce mot à changer au cours des siècles, soir il est plus complexe qu’on ne pensait.

            Puis il faut accepter que s’il existe quelques 70 interprétations possibles, et toutes valables, que la Bible garde quelques secrets.

          • Laurent says:

            Haïm shalom,

            oui P.A.R.D.E.S oups, pardon.

            Quelle est la finalité de Genèse 1:1 ? Pourquoi l’Homme ( Adam et ish) devait d’abord porter la nature animale ? Pourquoi l’Humanité doit-elle traverser le désert avant d’arriver en terre promise ( la Jérusalem céleste) ?

            Pourquoi seuls les Jobs de toutes les époques seront les premiers fruits mûrs de la récolte ?

            Daniel chapitre 4, oui au delà du sens obvie, chaque parole de l’Ecriture nous apprend que l’Homme a été formé dans un but bien précis, Hébreux chapitre 2 ne faisant que le confirmer et pour aller de l’alpha à l’oméga il fallait passer par béréshit.

          • cathou says:

            Laurent, je me permets de vous demander Où voyez-vous écrit que l’humain (Adam et Eve) doit d’abord porter la nature animal???
            Je vous remercie.

          • Laurent says:

            Bonjour Cathou,

            Le livre de Daniel nous donne des informations précieuses à ce sujet et notamment le chapitre deux et le chapitre sept.

            Dans ces chapitres nous avons le déroulement de l’humanité adamique depuis son origine jusqu’à la fin représentée par la succession des 4 grands empires suivants : Babylonien, Médo-Perse, Hellénistique et Romain Chrétien.

            La statue de Daniel ch 2 avec ses quatre métaux et ses deux jambes de fer : empire romain chrétien d’occident et empire romain d’orient se terminent par l’écrasement des pieds de la statue par une pierre non détachée par des mains humaines et qui symbolise l’arrivée du royaume de Dieu.

            Daniel chapitre 7 va plus loin et aux quatre têtes du léopard grec ( les 4 généraux d’Alexandre) succède l’empire romain chrétien avec ce monstre à 10 cornes. Ces 10 cornes étant également les 10 orteils de la statue de Daniel 2, ceux qu’Hippolyte de Rome en 202 de notre ère dans son commentaire de Daniel avait parfaitement identifiés comme étant les futures démocraties issues de l’empire romain.

            «À ceux-ci succédèrent les Romains, c’est-à-dire les jambes de fer de la statue, puisqu’ils sont forts comme le fer. Puis viennent les doigts de pieds qui indiquent les démocraties futures, qui se sépareront les unes des autres comme le sont les dix doigts de la statue, composés de fer mêlé d’argile. » ( Hippolyte de Rome)

            Pour schématiser il y a la vision des 4 animaux qui sortent de la mer aboutissant à la 11ème corne (versets 2 à 8), puis la vision du trône de Dieu, de la préparation du jugement des animaux et de leur jugement et destruction (versets 9–12) et enfin la vision de celui qui est semblable à un fils de l’homme qui vient sur les nuées du ciel et qui reçoit la domination pour l’éternité (versets 13–14). Les versets 15 à 27 sont ceux où l’ange explique au prophète Daniel la signification de ces visions.

            Action des 4 vents sur la mer :4 animaux sortent de la mer ; la mer étant les nations inorganisées.

            1er animal : lion, tête 1, Babylone, 1er empire
            2ème animal : ours, tête 2, Médo-Perses, 2ème empire
            3ème animal : léopard,tête 3,tête 4,tête 5,tête 6 ;Grecs – Macédoine des Antigonides- Égypte des Lagides- Syrie des Séleucides- Pergame (Attalides) & Rome païenne

            4ème animal : monstre,tête 7— 10 cornes— Rome chrétienne- nations issues de son démembrement.

            Ensuite nous avons la vision du trône de Dieu et du jugement.

            L’Ancien des jours s’assoit, Les juges s’assoient et les livres ouverts = Jour du Seigneur = Parousie, arrivée du Mashiah.

            Sur les nuées du ciel arriva quelqu’un de semblable à un fils de l’homme… (v. 13)On lui donna la domination…Sa domination est une domination éternelle qui ne passera point, et son règne ne sera jamais détruit. (v. 14)

            Et cela correspond à la suite des versets :

            jusqu’à ce que l’Ancien des jours vînt donner droit aux saints du Très-Haut et le temps arriva où les saints furent en possession du royaume (v. 22)Le règne, la domination, et la grandeur de tous les royaumes qui sont sous les cieux, seront donnés au peuple des saints du Très-Haut. Son règne est un règne éternel… (v. 27).

            Il faut bien prendre en compte l’interprétation que la Sainte Parole de Dieu elle-même nous donne de la prophétie de Daniel VII : Ces quatre grands animaux, ce sont quatre grands rois qui s’élèveront de la terre ; mais les saints du Très-Haut recevront le royaume, et ils posséderont le royaume éternellement, d’éternité en éternité (Daniel VII, 17–18).

            Ce verset résume Daniel VII et en même temps montre que l’interprétation de cette prophétie est la même que celle de Daniel II : il y a quatre grands empires qui constituent l’humanité adamique, pas un de plus, après quoi viendra le royaume de Dieu, c’est-à-dire le règne des Saints du Très-Haut.

            Le quatrième animal qui avait des dents de fer et des griffes d’airain, qui mangeait, brisait et foulait aux pieds ce qui restait, avec ses dix cornes, c’est l’empire Romain chrétien : c’est lui qui a conquis, brisé et foulé aux pieds la terre toute entière et non point l’empire Romain païen qui ne s’est étendu vraiment qu’autour de la Méditerranée.

            Quand on lit dans Daniel 7 la vision du Fils de l’homme venant sur les nuées du ciel, Il s’agit du Mashiah mais pas seulement du Mashiah, des saints du Très-Haut aux versets 18 et 22 et au peuple des saints du Très-Haut au verset 27,il est donc clair que le Fils de l’homme qui vient sur les nuées du ciel et qui reçoit le royaume de Dieu c’est tout ensemble le Mashiah mais aussi avec lui toute l’humanité nouvelle régénérée en lui ( les premiers fruits mûrs de la récolte de l’humanité).

            Le Fils de l’homme vient sur les nuées du ciel car il est céleste et spirituel. ceux qui seront sauvés par lui et en lui et qui hériteront de la vie éternelle, et qui constitueront donc l’humanité nouvelle dans la Jérusalem céleste, seront semblables à lui, de même nature que lui, spirituels et célestes eux aussi. D’où cette vision particulière en Daniel VII de quelqu’un semblable à un fils de l’homme venant sur les nuées du ciel.
            C’est l’Évangile tel qu’il est présenté dans Daniel VII et même déjà dans Daniel II.

            Dans le temps de ces rois, le Dieu des cieux suscitera un royaume qui ne sera jamais détruit, et qui ne passera point sous la domination d’un autre peuple ; il brisera et anéantira tous ces royaumes-là, et lui-même subsistera éternellement. ( Daniel 2:44)

            Ces quatre grands animaux, ce sont quatre rois qui s’élèveront de la terre ; mais les saints du Très-Haut recevront le royaume, et ils posséderont le royaume éternellement, d’éternité en éternité. (Daniel 7:17,18)

            ces quatre empires représentent l’intégralité de l’humanité adamique avec tous les royaumes et empires qui sont jamais passés sur la terre, qu’ils soient connus ou non. Il s’ensuit que ces deux chapitres de Daniel n’annoncent pas seulement les événements qui vont affecter l’humanité, notamment la succession des empires humains, mais avant tout le plan de Dieu concernant l’humanité : nous faisons partie de l’humanité adamique, c’est-à-dire charnelle, terrestre et animale, mais celle-ci est destinée à disparaître et à être remplacée par une humanité nouvelle, céleste et spirituelle régénérée dans le Mashiah.

            En écrivant dans le temps de ces rois la prophétie de Daniel annonce que le royaume de Dieu, avant de détruire l’humanité animale et de prendre le pouvoir pour l’éternité, sera suscité par Dieu du temps de ces rois, c’est-à dire au cours des empires de Babylone, des Médo-Perses, des Grecs, de la Rome chrétienne et des nations qui en sont issues.

            Dieu a donc prévu deux Hommes et deux Humanités en eux : le premier Adam, qui est l’homme animal ayant généré l’humanité terrestre et corrompue actuelle, et le second Adam, à savoir le Mashiah, qui est l’homme spirituel, esprit vivifiant en train de générer l’humanité céleste qui régnera pour l’éternité.

            Il y a aussi des corps terrestres Il y a aussi des corps célestes…( verset 40 )Et de même que nous avons porté l’image du terrestre,nous porterons aussi l’image du céleste. ( 1 corinthiens 15:40,49)

            cette affirmation de l’Écriture en I Corinthiens XV, 49, est capitale : Dieu nous a créés en Adam au rang de l’humanité animale, chair et sang, corrompue par le péché, mais nous appelle à porter l’image du céleste, c’est-à-dire du Mashiah, à devenir en lui et par lui célestes et spirituels à son image.

            Dès lors il devient évident que le choix du symbole des animaux pour représenter l’humanité animale n’est pas fortuit mais bel et bien intentionnel : les quatre animaux de Daniel VII symbolisent l’humanité animale toute entière et ce symbole s’oppose à celui du fils de l’homme venant sur les nuées du ciel : le seul homme véritable aux yeux de Dieu, c’est l’homme céleste. À cet égard, Daniel VII est riche de signification.

            Il faut donc en conclure que notre passage dans la nature de l’homme animal, sur cette terre, est un temps d’épreuve que Dieu nous inflige — Il nous montrera dans d’autres passages que c’est pour nous apprendre l’hu-milité et nous mettre à l’épreuve pour savoir si nous sommes vraiment dignes de recevoir la domination sur la nouvelle création.

            L’histoire de Jacob et de son frère Ésaü présente un très grand intérêt. Les deux frères étaient jumeaux et ont commencé à se battre dans le sein maternel comme le rappelle le prophète Osée : Dans le sein maternel Jacob saisit son frère par le talon, Et dans sa vigueur, il lutta avec Dieu, Il lutta avec l’ange et fut vainqueur… Osée XII, 4–5 ; et encore : Jacob s’enfuit au pays d’Aram, Israël servit pour une femme, Et pour une femme il garda les troupeaux. Par un prophète l’Éternel fit monter Israël hors d’Égypte, Et par un prophète Israël fut gardé Osée XII, 13–14.
            Or les deux frères jumeaux furent très différents : Ésaü sortit le premier du sein maternel et fut donc l’aîné ; or il était poilu comme un manteau de poils — c’est dire qu’il avait l’aspect d’un animal ; Jacob au contraire, qui sortit en second, était glabre et eut une existence plus calme dans les tentes.

            Comme l’on sait, Ésaü vendit son droit d’aînesse à Jacob pour un plat de lentilles. Et en fin de compte, quand le temps arriva d’hériter la bénédiction et le droit d’aînesse d’Isaac, c’est Jacob qui les reçut. Cependant, pour y parvenir il dût se substituer à Ésaü et pour cela recouvrir son corps de peaux d’animaux et se vêtir des vêtements de son frère aîné.

            Il s’agit là d’une allégorie : les deux frères symbolisent les deux Adams. Ésaü est l’image d’Adam, l’homme animal et Jacob — dont le nom veut dire Il supplante — est l’image du second et dernier Adam, le Mashiah.

            Le psaume VIII et Hébreux chapitre II permettent de conclure :

            Le psaume VIII est difficile à traduire. Segond traduit dans le livre des Psaumes : Tu l’as fait de peu inférieur à Dieu… (Psaumes VIII, 6), mais en Hébreux II, aidé par le grec de cette épître, il traduit : Tu l’as abaissé pour un peu de temps au-dessous des anges (Hébreux II, 7) ce qui est le sens véritable — le texte hébreu dit donc en fait : tu l’as fait pour peu inférieur aux dieux c’est-à-dire aux anges.
            Le psaume VIII déclare donc : Quand je contemple les cieux, ouvrage de tes mains, La lune et les étoiles que tu as créées : Qu’est-ce que l’homme pour que tu te souviennes de lui ? Et le fils de l’homme, pour que tu prennes garde à lui ? Tu l’as fait pour peu inférieur aux dieux, et tu l’as couronné de gloire et de magnificence. Tu lui as donné la domination sur les œuvres de tes mains, tu as tout mis sous ses pieds…

            En précisant Tu l’as fait pour peu inférieur aux dieux — c’est-à-dire pour peu de temps inférieur aux anges — le psalmiste montre que ce n’est que pour un temps limité que les hommes sont inférieurs aux anges.

            En fait, dans le plan de Dieu, tous les hommes sont appelés à partager la nature et la gloire du Mashiah, encore que ne bénéficieront de cet avantage que ceux qui feront acte de foi en Dieu et dans le Fils de l’homme qui nous sauve.
            Aussi le psaume VIII précise que Dieu a tout mis sous les pieds de l’homme. Cette idée s’entend en deux sens. D’une part, le psaume VIII énumère ensuite tous les animaux de la terre sur lesquels l’homme terrestre domine effectivement. Mais en un second sens, Hébreux II, 8, précise qu’il faut prendre tout dans ce verset des psaumes au sens absolu de tout ce qui existe : En effet, en lui soumettant toutes choses, Dieu n’a rien laissé qui ne lui fût soumis (v. 8). En d’autres termes Dieu a soumis toute la création à l’humanité : la domination des hommes terrestres sur la terre n’est qu’un gage de la domination des hommes célestes et véritables sur toute la création définitive de Dieu — sur le monde à venir dont nous parlons comme le dit Hébreux II, 5.

            À deux reprises en Hébreux II, l’Écriture souligne que Dieu n’a pas soumis le monde à venir aux anges et ne vient pas en aide aux anges : En effet, ce n’est pas à des anges que Dieu a soumis le monde à venir donc nous parlons (v. 5) ; et plus loin : Car assurément ce n’est pas à des anges qu’il vient en aide, mais c’est à la postérité d’Abraham (v. 16).

            L’insistance de l’Écriture est ici bien compréhensible et il faut bien enregistrer cette déclaration et sa portée. Quand nous autres, hommes terrestres et corruptibles, faits de chair et de sang, nous considérons les anges, nous constatons qu’ils sont bel et bien supérieurs à nous en gloire et en puissance du fait qu’ils sont spirituels. Du coup, nous pourrions croire que Dieu a fait la création, et surtout le monde à venir si glorieux, pour le soumettre aux anges et qu’Il songe par conséquent à venir en aide à ces créatures qui nous sont largement supérieures.

            Or une telle pensée serait une erreur et donc l’Écriture Sainte à tient à nous détromper et à rendre la vérité tout-à-fait claire en nous rappelant que ce n’est pas à des anges que Dieu a soumis le monde à venir dont nous parlons, mais c’est à l’homme — au fils de l’homme en général, c’est-à-dire à nous.

            L’Écriture ajoute encore que Dieu ne vient pas au secours des anges, mais bien au secours des fils d’Abraham, c’est-à-dire de tous les hommes qui ont la même foi qu’Abraham — car ne feront partie de l’humanité régénérée dans le Mashiah que les saints qui feront la preuve de leur foi comme Abraham et qui seront donc ses enfants spirituels par la foi.

            l’humanité animale n’est donc que temporaire, pour permettre le jeu du dessein d’élection de Dieu le temps de générer l’humanité véritable c’est à dire céleste.

            La sagesse de Dieu est évidente : avant de nous remettre l’héritage céleste qu’Il nous destine en tant que fils de l’homme, en tant qu’êtres humains, Dieu nous met à l’épreuve un temps sur la terre, en nous rabaissant au-dessous des anges, au rang des animaux, pour voir si nous en sommes dignes et si nous nous montrons fidèles. Les hommes terrestres ont déjà dévasté par le péché, les injustices, la corruption et la pollution la petite terre qui a été confiée à leurs soins ; Dieu ne remettra le monde à venir qu’à ceux-là seuls qui se montreront Ses dignes fils.

            C’est là tout l’Évangile de Daniel VII rendu évident par l’opposition entre les 4 animaux qui symbolisent toute l’humanité adamique et le fils de l’homme qui vient sur les nuées du ciel.

            J’espère avoir répondu à ta question Cathou.

            Que Hashem te bénisse.

          • Haïm says:

            Laurent shalom,
            Je tiens a vous remercier pour la reponse argumentee et detaillee que vous adressez a Cathou.
            Je vous invite a continuer a partager vos avis, vos idees et remarques.
            Cordial shalom,
            Haim O.

          • cathou says:

            Oui j’ai ma réponse, je vous en remercie Laurent.

  3. pedro crispino capiamba says:

    merci beaucoup pour cette connaissance,que mom Dieu vous benisse.

    • Haïm says:

      Pedro crispino,
      Toda rabba a vous d’etre present et de nous encourager.
      Benedictions a vous aussi,
      A bientot,
      Haim O.

  4. .Nathalie Skandul says:

    Bonjour
    Merci d”avoir pensé à mettre en ligne cela en langue française.
    Cordialement
    Nathalie

    • Haïm says:

      Nathalie Shalom,
      C’est moi qui vous remercie de partager cette page biblique qui est avant tout la votre,
      Au plaisir de vous retrouver parmi nous,
      Cordial shalom,
      Haim O.

  5. WStjepan Horešovski says:

    J`ai commencé á `etudier.§ais j` ai besoin de temps.C`est pourqoi il faut lentement avec moi.Je m`en excuse!Chalom!

    • Haïm says:

      WStjepan shalom a vous,
      Merci a vous. N’hesitez surtout pas a nous contacter. J’aurai grand plaisir a repondre a vos remarques et a vos questions.
      Shavoua tov,
      Haim O.

  6. cathou says:

    En français mon texte commence par “Lorsque”, meilleure traduction que “Au commencement”, parce que “lors ce que” indique plutôt quand ce fut le moment, quand vint le moment de créer..
    Il indique bien que le commencement ne part pas de RIEN, le commencement débute au moment voulu par Dieu. Quand Dieu s’estime prêt à cette tâche.
    Là on n’a pas le sens de maison, d’abri, de dualité, mais bien un sens “A un moment tout est en place pour que quelque chose se passe”.

    • cathou says:

      La dualité apparaîtrait plutôt, toujours en traduction française, avec ciel et terre.
      “Lorsque Dieu commençât la création du ciel et de la terre…” dualité entre ciel: l’esprit, le divin, la pensée; la terre: le corps, les désirs.

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