Néot Quédoumim: «Jardin des Prophètes et des Sages d’Israël»

 «Et l’on dira: Voyez-vous, cette terre dévastée est devenue comme le jardin d’Eden» (Ezéchiel 36, 35)

                                                                                                                                       

A mi-chemin entre Tel-Aviv et Jérusalem, à proximité du village antique de Modiin, le village héroïque des Macchabées, s’étend la réserve biblique de Néot Quédoumim, lieu unique au monde créé grâce à la seule volonté et à l’acharnement de Noga Haréouveni, botaniste et chercheur reconnu pour son amour d’Israël. Noga Haréouveni (1924-2007), à peine diplômé de l’Université hébraïque de Jérusalem, spécialiste des plantes d’Erets Israël, n’a alors de cesse de poursuivre le rêve de ses parents Ephraïm et Hanna Haréouveni, tous deux professeurs de Bible et botanistes. Dès 1925, ils aspirent à créer un espace naturel au sein duquel les plantes bibliques et talmudiques s’épanouiraient dans leur environnement originel: Erets Israël.

Dans les années soixante, Noga Haréouveni reprend l’idée de Néot Quédoumim, appelé par Ephraïm et Hanna Haréouveni «Jardin des prophètes et des Sages d’Israël». David ben Gourion, conquis et enthousiasmé par ce projet sioniste de retour aux origines bibliques liant l’écologie et l’histoire d’Israël à sa terre ancestrale, permet l’octroi de 2500 hectares afin que la réserve naturelle de Néot Quédoumim devienne réalité.  Les années passent, mais Noga Haréouveni, tenace, réunit les autorisations pour exploiter ce terrain. La réserve de Néot Quédoumim se metamorphose jour après jour, plante après plante, arbre après arbre. Ce n’est qu’à partir de 1984, soit cinquante-neuf ans après le rêve d’Ephraïm et Hanna Haréouveni que le grand public est autorisé à visiter ce lieu désertique qui s’est transformé lentement mais sûrement en un véritable paradis  terrestre.

En 1994, le prestigieux  prix  d’Israël vient couronner l’entreprise pionnière de Noga Haréouveni qui, soutenu par son épouse Ayala, est finalement récompensé pour son importante contribution culturelle à l’état d’Israël. Les jurés déclarent : «Grâce  à son acharnement de tout instant… Noga a réussi à porter une idée de haute valeur à son faîte. Il eut l’intelligence de rassembler les forces intérieures  et les ressources nécessaires afin de créer une œuvre pédagogique qui laissera sa trace dans notre vie, visant à éduquer le grand public et particulièrement la jeunesse à l’amour d’Erets Israël et à la compréhension de sa centralité dans la vie du peuple juif… Néot Quédoumim- la réserve nationale de la nature d’Erets Israël… constitue un phénomène particulier représentant la nature et l’agriculture d’Erets Israël dans la Bible, la Mishna, la Guémara, l’exégèse hébraïque et la tradition. Elle rapproche les Juifs israéliens et ceux de la diaspora à la terre d’Israël et à sa végétation et relie les temps bibliques à ceux de la Mishna jusqu’au jour d’aujourd’hui». L’on pourrait rajouter que ce merveilleux parc national rapproche également Juifs et Chrétiens qui par amour du TaNa’Kh y affluent chaque année en grand nombre.

Noga Haréouveni s’est entre autres rendu célèbre pour ses recherches botaniques sur les diverses espèces de Sauge. Botaniste et chercheur intrépide, il traverse à pied monts et vallées d’Israël et découvre maintes espèces de sauge qu’il identifie par leur forme et leurs caractéristiques botaniques à la Ménora décrite dans la Bible (Ex. 37, 17-22):

«וַיַּעַשׂ אֶת הַמְּנֹרָה זָהָב טָהוֹר מִקְשָׁה עָשָׂה אֶת הַמְּנֹרָה יְרֵכָהּ וְקָנָהּ  גְּבִיעֶיהָ כַּפְתֹּרֶיהָ וּפְרָחֶיהָ מִמֶּנָּה הָיוּ. יח וְשִׁשָּׁה קָנִים יֹצְאִים מִצִּדֶּיהָ: שְׁלֹשָׁה קְנֵי מְנֹרָה מִצִּדָּהּ הָאֶחָד וּשְׁלֹשָׁה קְנֵי מְנֹרָה מִצִּדָּהּ הַשֵּׁנִי. יט שְׁלֹשָׁה גְבִעִים מְשֻׁקָּדִים בַּקָּנֶה הָאֶחָד, כַּפְתֹּר וָפֶרַח  וּשְׁלֹשָׁה גְבִעִים מְשֻׁקָּדִים בְּקָנֶה אֶחָד, כַּפְתֹּר וָפָרַח; כֵּן לְשֵׁשֶׁת הַקָּנִים הַיֹּצְאִים מִן-הַמְּנֹרָה. כ וּבַמְּנֹרָה אַרְבָּעָה גְבִעִים: מְשֻׁקָּדִים  כַּפְתֹּרֶיהָ  וּפְרָחֶיהָ. כא וְכַפְתֹּר תַּחַת שְׁנֵי הַקָּנִים מִמֶּנָּה  וְכַפְתֹּר תַּחַת שְׁנֵי הַקָּנִים מִמֶּנָּה וְכַפְתֹּר תַּחַת שְׁנֵי הַקָּנִים מִמֶּנָּה  לְשֵׁשֶׁת הַקָּנִים הַיֹּצְאִים מִמֶּנָּה. כב כַּפְתֹּרֵיהֶם וּקְנֹתָם מִמֶּנָּה הָיוּ  כֻּלָּהּ מִקְשָׁה אַחַת, זָהָב טָהוֹר» (שמות ל”ז, י”ז-כ”ג).

«II [Moïse] exécuta le candélabre en or pur. Il le fit tout d’une pièce, avec sa base et son fût; ses calices, ses boutons et ses fleurs faisaient corps avec lui. 18 Six branches sortaient de ses côtés: trois branches d’un côté, trois branches du côté opposé. 19 Trois calices amygdaloïdes à l’une des branches, avec bouton et fleur et trois calices amygdaloïdes à une autre branche, avec bouton et fleur; même disposition pour les six branches qui partaient du candélabre. 20 Le fût du candélabre même portait quatre calices amygdaloïdes, avec ses boutons et ses fleurs, 21 savoir, un bouton à l’origine d’une de ses paires de branches, un bouton à l’origine de la seconde paire de branches, un bouton à l’origine de la troisième paire: ainsi, pour les six branches qui en ressortaient.” 22 Boutons et branches faisaient corps avec lui: il formait tout entier une seule masse d’or pur.» (Ex. 37, 17-23).

Il soutient, alors, la  thèse selon laquelle le lieu du sacrifice d’Isaac (Gen. 22, 2) sur lequel sera édifié le Temple de Jérusalem (II Chroniques 3, 1), désigné dans la source biblique comme le Mont Moriah, dérive de la plante connue sous le nom de sauge d’Israël  (Salvia palaestina) dénommée en hébreu Marva. Il s’appuie également sur l’exégèse du célèbre commentateur français du  Moyen-âge, Rashi, selon lequel le vocable biblique «Mor» ferait référence à la myrrhe (Marva en hébreu) qui entrait dans la savante et mystérieuse composition de l’encens qui brûlait sur l’Autel de l’encens dans les deux Temples de  Jérusalem.[1]

 

 

Néot Quédoumim constitue aujourd’hui la référence par excellence pour tous ceux qui, amoureux de la terre d’Israël, désirent approfondir à la fois leurs connaissances dans le domaine de la botanique biblique, les sources de la tradition hébraïque et l’histoire d’Israël. Selon Noga Haréouveni, nul ne peut sérieusement appréhender l’héritage historique d’Israël sans l’étude approfondie des plantes endémiques d’Israël: «La Bible reflète Erets-Israël et son environnement comme source géographique et écologique».

 

 

 

 

 

 


Les saisons à Néot Quédoumim

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Haïm Ouizemann

Haimo@eteachergroup.com

 

[1] «L’Emblème de l’Etat d’Israël: Ses Racines dans la Nature et le Patrimoine d’Israël» (1989) par Noga Haréouveni. Publié par Néot Quédoumim.

6 Responses to Néot Quédoumim: «Jardin des Prophètes et des Sages d’Israël»

  1. cathou says:

    Je n’ai pas réussi à trouver ce “jardin” sur la carte, mais j’ai pu localiser Modiin.

    C’est vrai qu’on a complètement oublié qu’autrefois la vie quotidienne était en contact constant avec l’environnement naturel.

    C’est vrai, aussi, que la sauge est une plante médicinale importante. Beaucoup de propriétés médicinales incontestables.

    Très intéressant, comme toujours, Merci.
    Mais je ne comprends pas: Marva en hébreu c’est sauge ou myrrhe??? ou bien est ce le sens “amer” qui ressort, ces 2 plantes ayant une certaine amertume. ??

  2. cathou says:

    Il semblerait, sans vouloir médire, que seules les israélites savent faire “fleurir” le désert…

    • Haïm says:

      Cathou shalom,
      Ils le prouvent au quotidien. La prophetie du refleurissement du desert est aujourd’hui devenu realite pour nous tous en Israel.
      Toda rabba a toi,
      Amities a toi et a tous les tiens,
      Haim

  3. DUPUIS says:

    La vie est belle et il faudrait réconcilier les hommes avec la nature. Et trouver l’oasis dans le désert pour redonner sens à la Force de la VIE. Merci Haim

    • Haïm says:

      Shalom Betty,
      Merci a toi. J’adhere tout a fait a ta vision d’un monde ou l’harmonie des premiers jours de la Creation serait reinstauree. Cela ne depend que de l’homme. Cet oasis dans le desert, je le concois en Israel qui est, grace a l’effort des premiers pionniers et leurs descendants, devenu un paradis.
      Bien Amicalement,
      Haim

  4. [...] Il soutient, alors, la  thèse selon laquelle le lieu du sacrifice d’Isaac (Gen. 22, 2) sur lequel sera édifié le Temple de Jérusalem (II Chroniques 3, 1), désigné dans la source biblique comme le Mont Moriah, dérive de la plante connue sous le nom de sauge d’Israël  (Salvia palaestina) dénommée en hébreu Marva. Il s’appuie également sur l’exégèse du célèbre commentateur français du  Moyen-âge, Rashi, selon lequel le vocable biblique «Mor» ferait référence à la myrrhe (Marva en hébreu) qui entrait dans la savante et mystérieuse composition de l’encens qui brûlait sur l’Autel de l’encens dans les deux Temples de  Jérusalem.[2] [...]

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