Parashat HaShavoua Nitsavim- VaYelekh Solidarité et Alliance

 

Vivre ensemble!

Vivre ensemble!

«אַתֶּם נִצָּבִים הַיּוֹם כֻּלְּכֶם לִפְנֵי יְהוָה אֱלֹהֵיכֶם רָאשֵׁיכֶם שִׁבְטֵיכֶם זִקְנֵיכֶם וְשֹׁטְרֵיכֶם כֹּל אִישׁ יִשְׂרָאֵל« (דברים ט, ט).

 «Vous vous tenez, aujourd’hui, vous tous, en présence de l’Éternel, votre Dieu: vos chefs de tribus, vos anciens, vos préposés, chaque citoyen d’Israël (Deut. 9: 9)

«וְלֹא אִתְּכֶם, לְבַדְּכֶם אָנֹכִי, כֹּרֵת אֶת-הַבְּרִית הַזֹּאת, וְאֶת-הָאָלָה, הַזֹּאת. יד כִּי אֶת-אֲשֶׁר יֶשְׁנוֹ פֹּה עִמָּנוּ עֹמֵד הַיּוֹם, לִפְנֵי, יְהוָה אֱלֹהֵינוּ; וְאֵת אֲשֶׁר אֵינֶנּוּ פֹּה, עִמָּנוּ הַיּוֹם« (דברים ט, יג- יד).

«Et ce n’est pas avec vous seuls que j’institue cette Alliance et ce pacte; mais avec ceux qui sont aujourd’hui placés avec nous, en présence de l’Éternel, notre Dieu, et avec ceux qui ne sont pas ici, à côté de nous, en ce jour. (Deut. 9: 13-14)[1]

 

Comment l’Eternel peut-Il prétendre conclure une Alliance avec les générations futures avant même qu’elles ne soient encore nées? Le sens de ce verset n’entre-t-il pas en contraction avec le principe biblique du Libre-arbitre?

Il semble que ce verset ait pour dessein d’interpeller les générations présentes pour les amener à comprendre le sens de la responsabilité collective. Ici, ce ne sont plus le passé et le présent qui constituent la base de l’avènement du futur mais la faculté intérieure de penser le futur comme fondant et légitimant le présent et le passé.  En d’autres termes, c’est la projection de l’être qui donne toute sa signification au temps présent. Pour preuve, l’exemple de Jacob envoyant Juda à Goshen, en Egypte:

«וְאֶת-יְהוּדָה שָׁלַח לְפָנָיו אֶל-יוֹסֵף לְהוֹרֹת לְפָנָיו גֹּשְׁנָה וַיָּבֹאוּ אַרְצָה גֹּשֶׁן» (בראשית מו, כח).

«Jacob avait envoyé Juda en avant, vers Joseph, pour qu’il lui préparât l’entrée de Goshen qu’ils  puissent y arriver » (Gen. 46, 28).

Les Sages d’Israël interprètent le verbe לְהוֹרֹת (LeHORoT-Guider) dans le sens d’enseigner (Midrash Genèse Rabba 95, 3).  Jacob aurait donc dépêché Juda dans la Province de Goshen afin d’y créer un centre spirituel ouvrant aux frères de Joseph l’opportunité d’étudier la Parole divine, le meilleur garant face à la menace d’une susceptible assimilation à la culture polythéiste sévissant en Egypte. Ce sont les enfants, les générations futures qui responsabilisent les générations présentes conscientes de leur lourde responsabilité historique. Cette responsabilité (A’HaRiOuT) porte en son sein l’expression (A’HaRiT), le futur d’Israël. Pour Israël, la perspective de l’avènement d’un futur meilleur doit générer le sens de la responsabilité dans le temps présent.

La grammaire biblique est, à ce propos, éloquente. En effet, la forme biblique du VaYktol, du futur inverti (Vav convertif), caractéristique de l’écriture du TaNaKH, démontre que le futur (inaccompli), en se transformant  en passé (accompli), détermine précisément celui-ci. La vision juive de l’Histoire est une projection permanente vers le devenir de l’homme qui  l’emporte sur son propre présent. Cette aptitude d’entrevoir le futur et, d’une certaine manière, de le créer, en brisant le déterminisme de la Nature,  a été probablement l’un des secrets d’Israël lui ayant permis de se maintenir présent face à la barbarie humaine.

A l’interrogation du Patriarche Avraham s’adressant à l’Eternel afin de connaître les voies lui permettant d’hériter  d’Erets Canaan, les Sages d’Israël vont proposer une interprétation originale:

«Il répondit: « Dieu-Éternel, comment saurai-je que j’en hériterai? » (Gen. 15: 8)

«Rabbi Meïr enseigne: lorsque les fils d’Israël furent sur le point de recevoir au mont Sinaï la Tora, le Saint Béni Soit-Il leur dit: « Je suis disposé à vous donner la Tora à la condition que vous m’apportiez de bons garants de ce que vous la respecterez. Ils (les fils d’Israël) répondirent à L’Eternel: « Maître du Monde, nos Patriarches sont nos garants, nos Prophètes le sont également. L’Eternel rétorqua alors aux fils d’Israël: « Ce n’est pas suffisant, même ces derniers doivent amener de bons garants afin que j’accepte de vous donner la Tora ». Les fils d’Israël répondirent :  » nos enfants seront garants pour nous! » .  Le Saint Béni Soit-Il leur dit: « Ceux-ci sont de bons garants ! Grâce à eux, Je vous donnerai la Tora (Midrash Cantique des Cantiques Rabba 1: 8; Ecclésiaste Rabba 4: 3). »

En d’autres termes, selon cette interprétation, le Don de la Tora sur laquelle repose l’entrée en terre promise, se fonde sur le principe de solidarité entre générations.

A l’orée du Nouvel an juif 5776, puissions-nous faire preuve d’une plus grande solidarité les uns envers les autres. AReVIm Ze BaZe! N’oublions jamais qu’il nous incombe  d’œuvrer  pour nos enfants, en faveur de ceux mêmes qui auront à leur tour la charge de construire le monde de demain!

Shana tova à vous toutes et à vous tous!

Shabbat Shalom  d’Israël,

Pour plus d’informations sur nos cours d’Hébreu biblique, CLIQUEZ sur ce lien.

Haïm Ouizemann

Haimo@eteachergroup.com

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>