Pessa’h, la marche vers la Liberté

Pessah est appelé «le temps de notre Liberté» (זְמָן חֵרוּתֵנוּ). C’est le temps de la lutte pour la libération de l’esclavage. Marchant sur les traces de Moïse, quelques hommes et femmes courageux ont lutté, leur vie durant, pour abolir l’esclavage physique. Ainsi, plus de 3000 ans après la Sortie d’Egypte sous la conduite de Moïse, Harriet Tubman (1820-10 mars 1913), grâce à sa détermination et à son action héroïque, ouvrit la voie à l’émancipation civique des Noirs aux Etats-Unis. Dénommée Moïse noire, Grand-mère Moïse ou encore Moïse du peuple Noir, Harriet Tubman continue, 100 ans après sa mort, de montrer l’exemple aux jeunes générations. De même, 120 ans après sa disparition, Victor Schœlcher (1804-1893), grand homme politique français, qui fut à l’origine du décret d’abolition de l’esclavage de 1848 nous rappelle que le combat pour la Liberté est toujours d’actualité.

Toutefois, la sortie physique des fils d’Israël d’Egypte ne marque que le premier pas vers la Liberté. En effet, les fils d’Israël, encore sous l’influence spirituelle des dieux d’Egypte, font un amalgame entre cette idolâtrie et le culte du Dieu unique (Syncrétisme). Malgré tous les bienfaits dont ils bénéficient par la Providence divine dans le désert, les Fils d’Israël, édifiant le veau d’or, croient encore rendre un culte au Dieu des Hébreux qui les a faits sortir d’Egypte. C’est pourquoi il incombe à Moïse de faire sortir les Fils d’Israël en les préparant au grand jour de la Révélation sinaïtique. Ce départ d’Egypte constitue la première étape de la marche vers la Liberté, et elle exige l’assentiment, de gré ou de force, de Pharaon:

«וָאֹמַר אֵלֶיךָ שַׁלַּח אֶת-בְּנִי וְיַעַבְדֵנִי» (שמות ד’, כ’).

«Et je te dis: laisse partir mon fils, pour qu’il Me serve» (Ex. 4, 20).

Cette sortie d’Egypte a pour but final l’entrée au Pays de Canaan, mais dans une perspective immédiate, le culte du Dieu Un sur le Mont Sinaï, destiné à «faire sortir les Hébreux de l’idolâtrie égyptienne». Il réapparaît comme un leitmotiv dans plusieurs autres sources du livre de l’Exode (Ex.7, 16; 26 / 8, 16 / 9, 1; 13 / 10, 3).

Le don des deux Tables de l’Alliance divine au Sinaï, inscrivant la Parole de Dieu dans la pierre, constitue la seconde étape de la Libération d’Egypte:

«וְהַלֻּחֹת מַעֲשֵׂה אֱלֹהִים הֵמָּה וְהַמִּכְתָּב מִכְתַּב אֱלֹהִים הוּא חָרוּת  עַל הַלֻּחֹת» (שמות ל”ב, ט”ז).  אַל תִקְרָא «חָרוּת» אֶלָא «חֵרוּת» שֶׁאֵין לְךָ בֶן חוֹרִין אֶלָא מִי שֶׁעוֹסֵק בְּתַלְמוּד תּוֹרָה » (אָבוֹת פ”ו, מ”ב).

 «Et ces tables étaient l’ouvrage de Dieu; et l’Ecriture, gravée sur les Tables, était une Ecriture de Dieu» (Ex. 32, 16). A propos de ce verset, les Sages enseignent: «Ne lis pas: «gravé» (חָרוּת, «’Harout») mais: «Liberté» (חֵרות, «’Heirout») car il n’est d’homme libre que celui qui s’occupe d’étudier la Thora» (Maximes des Pères, ch. 6, 2).

Quel peut-être le sens de cette Liberté inscrite au cœur des deux Tables de l’Alliance? Le prochain article «Pessa’h, une Parole de Liberté» tentera d’apporter une réponse à cette interrogation.

Haïm Ouizemann

Haimo@eteachergroup.com

7 Responses to Pessa’h, la marche vers la Liberté

  1. cathou says:

    Nous rentrons de week end pascal, je lirai mieux un peu plus tard.

  2. cathou says:

    LIBERTÉ: le mot est très intéressant. En français il vient du latin liber. “qui dépend de soi, n’est soumis à aucune autorité”.
    Là où ça devient encore plus intéressant c’est que ce mot désignerait à l’origine, des gens affranchis, devenus libres; en opposition à ingénus: indigènes (humains engendrés libres).
    Donc, en français l’origine du mot indique clairement que la liberté n’est pas un état naturel, n’est pas un dû; c’est un état qui se gagne.
    Ce que nous explique la Bible.

    Le peuple hébreu doit “agir” pour se libérer du joug tentateur égyptien.
    Les 10 commandements ne deviennent Libertés seulement lorsque l’interdit premier est surmonté, compris et accepté.

    La liberté, qu’elle soit physique, matérielle ou morale se gagne, s’acquiert. L’humain est toujours soumis à quelque chose dont il doit se libérer.

  3. Jules Rakotonanahary says:

    Il y a liberté et liberté.
    Il ne faut pas oublier que Dieu a créé l’Homme libre. Fondamentalement, l’homme jouit toujours de cette liberté. Mais c’est le poids de la force ( quel que soit le nom donné à celle-ci)dans les rapports entre les hommes qui fait surgir des inégalités et de ce fait les déséquilibre dans les relations humaines. Mais entre les personnes de même catégorie sociale, on ne parle plus de liberté à reconquérir, mais de liberté à sauvegarder. D’un côté, il y a donc ceux qui luttent pour être libres, et de l’autre, ceux qui bataillent pour garder une position dominante.
    Dans le cas du peuple hébreux, c’est uniquement l’œuvre de Dieu qui l’a libéré non seulement de l’esclavage physique ( la sortie du pays d’Egypte ) mais aussi de l’esclavage spirituel ( sortie de l’idolâtrie égyptienne ).
    Paix à tous!
    Jules R.

  4. cathou says:

    Permets moi de ne pas être d’accord avec vous Jules Rakotonanahary.
    Je pense que l’humain n’a jamais été libre.

    Tout d’abord il est dépendant de ses besoins naturels: eau, nourriture…

    Il est dépendant de ses désirs, et ce, dès la création. C’est le fait de comprendre qu’il est porteur de désirs, d’accepter cela pour apprendre à les maîtriser qui le rendra libre.

    Le mot libre en français est justement très juste, puisque nous devons nous affranchir pour acquérir la liberté. (nous affranchir de trop de biens matériels, nous affranchir de nos envies nombreuses).

    Pour les hébreux, ils auraient pu tous choisir de rester en Egypte, ou bien de sortir d’Egypte et devenir polythéistes.
    Dieu leur a montré le chemin, le choix appartenait aux hébreux.
    Nous sommes libres de nos choix, bons ou mauvais.

    • cathou says:

      En français il y a distinction entre liberté: celui qui est affranchi, et indigène: celui qui vit sans foi ni lois.
      Il est certain que celui qui vit sans foi ni lois, fait ce qu’il veut, quand et comme il veut… c’est une forme de liberté pour lui, mais mieux vaut ne pas le rencontrer, ou être son voisin, parce que sa liberté est au détriment des autres. Pour moi ce n’est pas la LIBERTÉ.

  5. Han Vanpelt says:

    the time to study or visit the content material or internet sites we’ve linked to beneath the

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