Yom Kippour, des hommes en dialogue

Samedi prochain, les Juifs d’Israël et de Diasporah se réuniront dans leur synagogue respective pour commémorer Yom Kippour, le Jour du Grand Pardon. En ce Jour solennel, l’homme est appelé à se présenter face à l’Eternel afin de lui avouer ses fautes les plus intimes:

«וְכָל-מְלָאכָה לֹא תַעֲשׂוּ בְּעֶצֶם הַיּוֹם הַזֶּה כִּי יוֹם כִּפֻּרִים הוּא לְכַפֵּר עֲלֵיכֶם לִפְנֵי יְהוָה אֱלֹהֵיכֶם» (ויקרא כ”ג, כ”ח).

«Et vous ne ferez aucun travail en ce même jour; car c’est un jour d’expiation, destiné à vous réhabiliter devant l’Éternel votre Dieu». (Lev. 23, 28).

La confession des fautes a pour dessein d’obtenir leur pleine et entière rémission. Le terme hébreu «Kippour», construit à partir de la racine K.P.R. (כ.פ.ר.) signifie «recouvrir», «enduire»:

«עֲשֵׂה לְךָ תֵּבַת עֲצֵי-גֹפֶר קִנִּים תַּעֲשֶׂה אֶת-הַתֵּבָה וְכָפַרְתָּ אֹתָהּ מִבַּיִת וּמִחוּץ בַּכֹּפֶר» (בראשית ו’, י”ד).

Fais-toi (Noé) une arche de bois de gôfèr; tu distribueras cette arche en cellules, et tu l’enduiras, en dedans et en dehors, de poix. (Gen. 6. 14)

Ce «recouvrement» de la faute par l’Eternel est destiné à purifier l’homme qui avoue sincèrement:

«… וַיְכַפֵּר עֲלֵיהֶם אַהֲרֹן לְטַהֲרָם» (במדבר ח’, כ”א).

« …Il (Aaron) fit propitiation sur eux (les Lévites) pour les rendre purs» (Nb. 8, 21).

La confession et la  purification constituent-t-elle les principaux fondements religieux légitimant le pardon divin au jour même de  Yom Kippour?

Les Sages d’Israël répondent à cette interrogation:

«דְּבָרִים שֶׁבֵּינְךָ לְבֵין הַמָּקוֹם מוֹחְלִים לְךָ, דְּבָרִים שֶׁבֵּינְךָ לְבֵין חָבֶרְךָ אֵין מוֹחְלִים לְךָ עַד שֶׁתְפַיְיסוּ. « (ספרא אחרי) (ספר האגדה תק”ח, קכ”ד).

«On te pardonne les cas de mésentente entre toi et Dieu mais les cas de mésentente entre toi et ton prochain, on ne te les pardonne pas jusqu’à ce que les deux parties se réconcilient». (Sifra Aharei) (Sefer haHagada, p. 508,  124).

Autrement dit, la condition véritable justifiant le pardon divin réside dans le retour sincère de l’homme vers… l’homme, son prochain! Le pardon accordé à autrui conditionne le Pardon divin!

En effet, le propitiatoire recouvrant l’Arche d’Alliance dénommé KaPoReT portant la racine du pardon K.P.R. (כ.פ.ר.)  enseigne à Israël que seuls les êtres à visage d’anges sachant se faire face jouissent du suprême mérite d’entendre la  Parole de Dieu et de  rencontrer la Lumière de Sa Présence (SheKHiNaH, שְׁכִינָה).

«וְהָיוּ הַכְּרֻבִים פֹּרְשֵׂי כְנָפַיִם לְמַעְלָה סֹכְכִים בְּכַנְפֵיהֶם עַל-הַכַּפֹּרֶת וּפְנֵיהֶם אִישׁ אֶל-אָחִיו אֶל-הַכַּפֹּרֶת-יִהְיוּ פְּנֵי הַכְּרֻבִים» (שמות כ”ה, כ’; ל”ז, ט’)

«Ces chérubins aux ailes étendues, couvriront le propitiatoire avec leurs ailes et leurs visages, tournés l’un vers l’autre, seront dirigés vers le propitiatoire.» (Ex. 25, 20; 37, 9).

«וְנוֹעַדְתִּי לְךָ שָׁם וְדִבַּרְתִּי אִתְּךָ מֵעַל הַכַּפֹּרֶת מִבֵּין שְׁנֵי הַכְּרֻבִים אֲשֶׁר עַל-אֲרוֹן הָעֵדֻת אֵת כָּל-אֲשֶׁר אֲצַוֶּה אוֹתְךָ אֶל-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל» (שמות כ”ה, כ”ב).

«C’est là que je te donnerai rendez-vous; c’est de dessus le propitiatoire, entre les deux chérubins placés sur l’arche du Témoignage, que je te communiquerai tous mes ordres pour les enfants d’Israël.» (Ex. 25, 22)

Le défi qu’il nous incombe de surmonter n’est pas tant de nous confesser devant l’Eternel- si difficile et importante que puisse constituer cette démarche religieuse-  mais surtout d’avoir le courage d’aller à la rencontre de notre semblable afin de lui avouer les torts et le mal qu’on aurait pu lui avoir fait subir volontairement ou involontairement. Le Patriarche Jacob témoigne de cette attitude conciliatrice envers son frère ennemi Esaü:

«אֲכַפְּרָה פָנָיו בַּמִּנְחָה הַהֹלֶכֶת לְפָנָי וְאַחֲרֵי-כֵן אֶרְאֶה פָנָיו אוּלַי יִשָּׂא פָנָי» (בראשית ל”ב, כ”א).

«Je [Jacob] veux rasséréner («recouvrir») son visage par le présent qui me devance et puis je regarderai son visage  [d'Esaü], peut-être deviendra-t-il bienveillant pour moi.» (Gen. 32, 21)

Le TaNaKh insiste sur le lien étroit unissant la dimension spirituelle du pardon à la dimension éthique ordonnant l’amour du prochain.

En somme, blesser autrui, c’est blesser Autrui, le Créateur de tous les êtres créés à Son image.

Cordial shalom d’Israël,

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Haïm Ouizemann

Haimo@eteachergroup.com

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